Dima de Zaho
Une Algéroise canon avec une voix qui déchire
5 avril 2008 - 3047 lectures
Ça n’arrive pas tous les jours, une Algéroise canon avec une voix qui déchire. Souvenez-vous de son nom, Zaho. Née à El Bahdja où elle vécut jusqu’à l’âge de 18 ans, Zaho a fait du chemin. La désormais Algéro-Canadienne a gardé de son enfance algérienne de luxuriants souvenirs.
Ses parents « intellos » l’ont toujours encouragée à développer sa sensibilité artistique innée. Son père l’inscrit dans une école de musique dès l’âge de 7 ans ! Elle y apprend très vite la guitare et se met à imiter à la perfection un certain Francis Cabrel (décidément, celui-là !).
Installée au Québec en 1999, Zaho découvre, par la suite, l’univers sonore des studios où elle commence à faire ses premiers pas comme choriste. Mais sa première rencontre vraiment du tonnerre, elle la fera avec notre bon vieux Idir à qui elle propose, un soir, dans les coulisses, une chanson : Tout ce temps. Le chanteur kabyle est aussitôt preneur. Il lui oppose toutefois une condition : qu’elle chante cette chanson en duo avec lui sur son dernier album "La France des couleurs".
Sa rencontre, déterminante, avec un producteur français installé au Canada, Phil Greiss, va très vite la propulser au-devant de la scène hip-hop. C’est lui qui l’aide à mettre au point son premier album dans lequel Zaho apporte sa belle voix et ses chansons à textes. Elle écrit et chante dans Incomprise des phrases à double sens comme : « Je suis lâche parce qu’on m’a jetée dans le vide/J’ai déployé mes ailes vers un avenir/D’ici la vue est belle mais je réalise/Que sans parachute, la peur paralyse ».
Pour tout dire, Zaho apporte enfin de l’épaisseur au R&B. Sa musique est, par ailleurs, enjolivée par de jolies arabesques de musique arabe. Chez elle, l’Algérie n’est d’ailleurs jamais loin. Comme dans Kif’n’dir, un souvenir douloureux, un arrachement à sa terre natale. Le rap à Zaho sent le funk. Ses paroles ont le goût du vécu. C’est une nouvelle aventure qui commence pour elle et un peu pour nous. C’est pourquoi, nous lui disons de tout c(h)oeur : bon vent !
Mohamed-Cherif Lachichi — espritbavard.com
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